
11 janvier 2025
Pensée (?) enrhumée
Désolé, ma tante n'est pas là; voulez-vous que j'appelle mon ongle ?
21 janvier 2025
Pensée
La veille de l'investiture du 47eme président des USA, la presse européenne, soulignait à loisir que le Donald allait être reçu en grande pompe au Capitole qu'il s'était employé à détruire quatre ans plus tôt .
Le propos était bien sûr ironique, mais fnalement, si vous mettez "grande pompe" au pluriel, cela donne, de mon point de vue, une image assez proche de la conception clownesque du pouvoir/spectacle de Trump.

1er novembre2025

L’Epée
Dans un royaume oublié, au cœur d’une vallée où il ne pleut jamais, ou l’eau, tirée de puits avares, se dispute à prix d’or, régnait un homme que la couleur de sa tunique avait fait surnommer Le Questeur Rouge.
Il n’était ni roi, ni prêtre, ni mage — mais tous pliaient devant lui. Sa parole était loi, son regard glaçait les âmes, et sa bouche, comme prête à mordre, tordait les cœurs.
Il ne portait pas de couronne ; car, disait-on, aucun métal ne pouvait ceindre son orgueil.
Sa main serrait une épée forgée dans le métal extrait d’une mine maudite par des Djinns infernaux, une épée qui semblait murmurer blasphèmes et malédictions à la tombée de la nuit.
Mais ce n’était pas l’épée qui effrayait le peuple. C’était le Serpent.
Le Serpent
Lovée au-dessus de lui, la créature bleue aux yeux d’émeraude ne le quittait jamais. Elle ne rampait pas, ne sifflait pas — elle flottait, suspendue dans l’air telle une pensée malveillante. Certains disaient qu’elle était née de son rire, d’autres qu’elle était la manifestation de son âme. Et tous pensaient qu’une seule de ses morsures suffisait à condamner le rebelle.
Un jour, un jeune audacieux osa lui demander : — Pourquoi ce serpent ne vous dévore-t-il pas.
Pourquoi semble-t-il vous craindre ?
Sa bouche esquissant un sourire sinistre, le Questeur Rouge répondit — Parce qu’il sait que je suis plus venimeux que lui.
Et la langue du serpent, comme pour confirmer, laissa tomber une goutte de poison. Là où elle toucha le sol,
elle épargna la tunique du Questeur.
Mais l’herbe ne repoussa jamais.
Désormais, nul n’osa plus parler d’autorité. On ne parlait que du Serpent… et de l’homme qu’il protégeait.
Le Pacte
Mais le serpent n’était pas l’allié du Questeur Rouge. Il n’était pas dompté. Il ne lui était pas soumis.
Il était le Gardien du Pacte.
Des siècles plus tôt, le Questeur avait invoqué une force interdite pour asseoir son pouvoir. Le serpent était apparu, né du souffle de la montagne et de la poussière des anciens dieux. Il avait accepté de veiller sur lui — mais à une condition : que jamais il ne dépasse les limites de son rôle, que ses actions ne servent que le peuple. Qu’il ne se prenne ni pour roi, ni pour dieu.
Chaque jour, le serpent le suivait, silencieux, ses yeux d’émeraude scrutant le moindre geste. Et chaque nuit, le Questeur Rouge se repaissait de ses rêves de grandeurs, quelque fois interrompus par des songes de crocs et de chutes sans fin.
Un jour, grisé à l’extrême par l’obéissance inconditionnelle manifestée par le peuple, il se laissa à prononcer ces mots : — Je suis plus qu’un homme, nul ne peut m’atteindre. Je suis le destin.
Le serpent, jusque-là immobile, se déploya lentement. Sa langue fusa dans l’air, et sa voix résonna dans l’esprit de tous : — Tu n’étais que l’exécutant du pacte. Et tu as voulu devenir le maître.
Le ciel s’assombrit, l’orage gronda au loin. Le Questeur Rouge, saisi d’une terreur et d’une faiblesse extrême lâcha son épée et fut englouti par les anneaux du serpent, Vite étouffé, nul n’entendit son cri de désespoir.
Depuis ce jour, le serpent rôde toujours au-dessus du trône vide. Il attend. Il veille. Et nul n’a osé reprendre l’épée.

23 décembre 2025